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Quand j'étais un tout petit garçon...

Quand il était petit, il passait son temps à patenter... toutes sortes de bricoles. Il aimait donner une deuxième vie aux choses ou il leur en donnait une toute nouvelle! En fait, tous vous diront qu’il a su conserver son coté enfant, puisque cela demeure encore aujourd’hui son activité par excellence avec le même émerveillement.

Ce petit garçon devenu marin s’appelle, Louis Lalonde mais mieux connu des ses proches par le sobriquet Louis Bateau

 

Les premières classes de Louis Bateau

Il a probablement hérité des gênes d’un de ses oncles, puisque la conception semblait être son activité favorite à lui aussi. Et, à eux deux, ils ont certainement été le père de la planche à voile bien avant son existence et sa commercialisation! Son oncle, Patenteux Sénior a crée l’aqua plane qui était en quelque sorte une planche de surf avec un aviron. Mais lorsque Patenteux Junior c’est retrouvé seul avec la chose, une idée lui est tout bonnement venue...

«Si cette chose pouvait avancer avec une énergie autre que mes bras?»<br> Patenteux Junior a réfléchi. Il lui a alors ajouté la pièce manquante : un drap!<br> La planche à voile était née.

 

Ado voyageur...

C’est à la période de l’adolescence que Louis a voulu davantage agrandir ses horizons. Ayant une soif de liberté, il utilisa donc les moyens alors à sa disposition, c'est-à-dire, le vélo. Il a pédalé, pédalé et encore pédalé. Aucune distance ne lui faisait peur. Sa devise : Allez là, ou il en a envie. Faut voir les jambes de ce marin! Fort probable que cette époque furent les prémices à son ouverture au monde.

 

L’arrivée au niveau secondaire...

Le temps s’écoule, Louis suit le sentier déjà tout tracé que la majorité d’entre nous empruntons mais, vers l’âge de 30 ans, il ressent un besoin de liberté, un besoin d’eau. Le marin est en devenir.

Pour étancher cette soif, il fit l’acquisition d’un dériveur 22 pieds avec lequel il savoure des heures de plaisir poussant même l’audace jusqu’à aller en mer, à Cap Cod plus précisément, avec son embarcation. Probablement que déjà à cette époque, Louis Bateau se voyait partir en exploration vers d’autres lieux plus lointains.

 

L’entrée au cégep en concentration Capitaine...

Quelque part dans le ciel, il devait être écrit en très grosses lettres, que l’achat d’un plus gros bateau fasse partie de l’évolution normale de cet homme devenu marin. Il acheta donc, un bateau Français, un Jouet 31 pieds, baptisé Le Vagabond, qu’il refit de A à Z. Il n’en fallut pas plus pour que Louis sente l’appel du large, enivré par le doux souvenir du parfum de la mer. C’est ainsi que Louis Bateau décida de partir à la découverte de cette mer à la couleur émeraude si souvent regardée dans les revues de bateau. Donc, fini les photos, à nous le réel, cap sur les Bahamas.

Dans un premier temps, il descendit <i>Le Vagabond</i> du lac Champlain jusqu’au Bahamas puis, par la suite y retourna quelques semaines par année. Il navigue d’une île à l’autre, s’émerveillant à chaque fois des fonds marins, de la multitude d’îles et tombe sous le charme des gens qui les habitent. Puis par la suite, Louis y retourne régulièrement à raison de quelques semaines par année. Au travers de tous ses voyages, il puise une expérience de la mer et des conditions météo fort appréciable puisqu’il est amené à naviguer dans différentes conditions à différents endroits. Toutefois, les retours se font de plus en plus pénible, il devient alors parfaitement clair pour lui, qu’il prendra sa retraite sur son voilier et pas à soixante cinq ans.

Mais, la vie nous réserve parfois des surprises. C’est ainsi qu’un beau jour <i>Le Vagabond</i> fut envoyé par le fond lors du passage d’un ouragan. Louis n’étant pas sur le bateau lorsque cela est survenu, il prend l’avion et va constater lui-même les dommages.
Ouache!

Il décide alors d’entreprendre tout ce qui est possible de faire pour essayer de récupérer Le Vagabond. Avec les moyens du bord, il réussit à le faire remonter à la surface puis le sortir de l’eau. Une fois sur terre, il a beau le regarder dans tous les sens, une seule conclusion lui apparaît : « C’est une perte totale». Évidement, il n’y avait aucune assurance sur le bateau alors, c’est une vraie perte totale!

Qu’est qu’il a fait?

Il y a un proverbe qui dit : « Dans chaque adversité réside de la semence pour un égal ou plus grand bénéfice»

Secoué mais pas vaincu, à son retour d’avion, il prend la décision de bâtir son voilier, un ketch de 50 pieds. Dès lors, Louis Bateau se met à la table à dessin. Comme si l’ouragan avait soufflé aussi tous son bon sens, il entreprend la construction de son voilier avec à peine quelques centaines de dollars dans la petite caisse, sans compter qu’il n’a jamais bâtit de voilier. Des maisons, Oui, mais un bateau, Non. Il n’y a aucun angle droit sur un bateau! Pour pousser encore plus l’audace, il dessine ses propres plans qui ne font référence a aucun plan existant et intègre à la construction du bateau deux fonds de verre afin d’admirer les fonds marins dans le confort du carré et de la chambre à coucher! Audacieux le Patenteux!

Ensuite, vient l’étape de la maquette en trois dimensions avec l’échelle 1 pouce = 1 pied. Une fois celle-ci terminée, elle règne en maître dans la salle à dîner de manière à toujours visualiser, palper, ce qui allait devenir la matérialisation de son rêve.

 

Il passe sa maîtrise de Patenteux...

Dès lors commence la construction. Il a tout fait lui-même, tout ce que vous pouvez imaginer et même ce que vous ne pensez même pas! À partir des moules pour bâtir la coque du bateau (une coque de fibre de verre), en passant par la mécanique, la plomberie, l’électricité, l’ébénisterie, les hayons (fenêtres s’ouvrant sur le pont du bateau communément appelé hatch), les frigos (création audacieuse pour un voilier), même les fauteuils du coin bibliothèque, tous les recouvrements et même la literie du bateau sans oublier les deux magnifiques fonds de verres lui permettant de voir les sirènes! Bref, il a tout créé, tout construit.

Patenteux Junior a fait place à Patenteux Émérite.

Est né du travail de son maître : <b>Au Gré des Vents 1</b>, un magnifique voilier monté en ketch (voilier de deux mats) de 50 pieds.

Six années se sont écoulées à partir du moment ou <b><i>Louis Lalonde</i></b> c’est mis à la table à dessin jusqu’au jour du départ. Seul, il a construit ce qui allait devenir pour lui le pont vers sa liberté avec le regard pur et clair de l’enfant et à chaque étape, aussi difficile et longue fut elle, Louis est toujours passé au travers de chacune d’elle avec le même bonheur contagieux. On peut le nommer Louis, Louis Patenteux, Louis Bateau mais on aurait tout aussi bien pu le nommer Louis Contagieux ou Louis Courageux car il nous a insufflé et nous insuffle encore les retombées de son courage et de sa joie de vivre telle une traînée de poudre d’étoile.

Bien entendu, ce n’est qu’en métaphore que les sous titres; L’arrivée au secondaire, Entrée au Cégep et Maîtrise ont été utilisés car Louis n’a jamais étudié dans un quelconque domaine de bateau, ni même d’architecture. Il a fait ses études en électronique et a exploité une entreprise de système de sécurité. Son savoir, il l’a puisé a décortiquer les choses, comme il se plait à nous le dire. Il est très fort en décomposition!

Je me plais à appeler Louis, mon Léonard De Vinci. Convaincue que je suis, que ce dernier est l’ancêtre de mon beau capitaine. Tous connaissent bien les talents de peintre de Léonard De Vinci avec le fameux tableau de la Joconde, mais peu connaissent l’étendu de ses talents qui ne se limitent pas à ceux de peintre. En effet, Léonard De Vinci était aussi sculpteur, ingénieur, architecte, savant. Il s’intéressait aussi à la mécanique, la botanique et l’optique. Ce qui ressort de ce personnage est sa très grande curiosité et son sens de l’observation. Ce que Louis a probablement reçu en héritage!

Louis nous a prouvé que la seule limite qui existe est celle que l’on se met.

 

Départ vers une nouvelle vie...

C’est ainsi qu’à quarante six ans, <i>Louis Bateau a maintenant revêtu les souliers de Capitaine sans laisser trop loin ceux de Patenteux pour partir à la découverte d’autres terres et d’autres mers.

À bord d’Au Gré des Vents 1, Louis et moi, quitterons le quai de la marina « Les Alizés » à Lacolle, le 20 octobre 2006, pour voguer paisiblement vers notre nouvelle vie au gré des vents.

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